The Fish

En perspective.

L'avenir de la philanthropie : ce qu'il faut surveiller

Dans les années à venir, la philanthropie devra être au coeur des stratégies de développement des organismes et non plus être seulement function de leur capacité de recueillir des fonds, puisqu'ils auront des donateurs beaucoup plus diversifiés. Les personnes interviewées ont cerné 10 aspects clés dont le milieu devra tenir compte.

Il faut avoir une culture philanthropique organisationnelle
À l'avenir, favoriser une « culture de la philanthropie » dans un organisme sera un préalable de réussite. De l'avis de Bill Bean de la Fondation du QEII Health Sciences Centre : « Au fur et à mesure que nos organismes se développent, la création de véritables partenariats internes et d'un état d'esprit philanthropique nous permettront d'accroître notre force de frappe. »

On attend beaucoup plus du leadership bénévole et professionnel
Au fur et à mesure que les objectifs financiers augmentaient, on mettait d'abord l'accent sur les competences en collecte de fonds des dirigeants d'organismes, laissant à l'arrière plan les compétences en gestion et en leadership. Comme le fait remarquer Nicholas Offord de la Fondation du Mount Sinai Hospital : « Étant donné qu'à l'avenir nous aurons de organismes plus complexes à diriger, il sera essential d'avoir de solides competences en gestion. »

Il faut davantage mettre l'accent sur un code de déontologie et la gouvernance
L'examen minutieux de la part des donateurs qui conduit les organisms philanthropiques à revoir leurs façons de communiquer avec leurs constituantes alimentera le besoin d'une saine régie. Plusieurs professionnels ont noté que cette gouvernance est à la base de la conduite déontologique.Dale Godsoe de la Dalhousie University, à Halifax, précise : « Les conseils d'administration devront adopter des démarches hautement stratégiques, mettant moins l'accent sur des solutions de fortune, et davantage sur leur stratégie à long terme. » De plus, il incombera aux conseils de rendre publics de façon plus transparente et plus efficace leurs coûts associés à la collecte de fonds.

La profession a besoin de stabilité
Au cours des dernières années, les besoins de personnel qualifié ont largement surpassé la capacité du marché de combler ces demandes. Cette pénurie, alliée à un large éventail de nouvelles occasions de promotion, a entraîné un certain bouleversement. Plusieurs observateurs croient qu'il sera primordial de renverser cette tendance, en partie en offrant une formation professionnelle plus efficace.

Le secteur doit se faire entendre plus haut et plus fort
Plusieurs s'attendent à ce que la place bien en vue qu'occupe le secteur philanthropique dans la société continue de prendre de l'ampleur. Certains perçoivent comme essentielle la participation du gouvernement à ce phénomène, tant par sa capacité de créer un cadre de politiques propices que par sa volonté de demeurer un partenaire bailleur de fonds. D'autres notent que le secteur a aussi son rôle à jouer en continuant de bâtir une infrastructure de réseaux et en créant des partenariats novateurs.

Le changement de générations
Tout comme les baby-boomers ont eu un impact énorme sur la tendance du « donateur considéré comme expert » la génération suivante établira son proper paradigme qui aura des repercussions sur la façon dont les organismes recruteront les bénévoles et s'assureront de leurs donateurs. Selon Myrna Fyfe, de la Fondation de la University Hospital d'Edmonton : « Il y aura encore plus de concurrence pour retenir l'attention des jeunes donateurs. La recherche sera un outil de toute première importance pour nous attirer leur soutien. »

La diversité
Les recensements récents font état de la diversité croissante de la population. Cette évolution a déjà commencé à avoir des répercussions sur le secteur. À ce propos, Paul Marcus de la Fondation de l'Université York, fait remarquer que : « Chaque culture a ses sensibilités et ses problématiques propres. Il faudra concevoir des strategies diversifiées pour attirer et faire s'impliquer une population plus variée de donateurs. »

De nouvelles façons de donner
Le nouvel impact des fonds privés, des conseils en investissements philanthropiques fournis par les institutions financières et des entreprises philanthropiques continuera de peser dans la balance, tandis que les donateurs recherchent de nouvelles façons de s'impliquer.

Plus, plus et plus encore
Si les dernières années ont appris une leçon au milieu, c'est que, malgré le contexte économique et les événements perturbants sur la scène mondiale, la philanthropie se porte toujours bien. Les dons devraient continuer d'augmenter, en partie à cause d'une nouvelle conscience des besoins des organismes et des répercussions qu'auront les dons des particuliers. Le philanthrope James Pitblado affirme : « Nous assisterons à une concurrence plus vive entre organismes pour obtenir des fonds; il y aura plus de possibilités pour faire des dons et on fera plus de dons spectaculaires. »

Les Canadiens ne se laissent pas abattre
Malgré les répercussions d'événements comme la guerre au terrorisme ou le SRAS, le Conseil consultative national de Ketchum demeure particulièrement optimiste quant à la capacité des Canadiens de ne pas se laisser abattre. Comme le precise Michael Weil du YMCA du Canada : « Les Canadiens commencent à comprendre qu'ils peuvent façonner l'avenir et nous les voyons saisir cette occasion. »